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Bernadette Mélois, Vierge consacrée

Bernadette Mélois, Vierge consacrée

Vierge consacrée du diocèse de Paris, Bernadette Mélois nous reçoit au siège de la Conférence des évêques de France. Depuis septembre 2018, elle dirige le Service National de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle.
Avec elle nous évoquons cette vocation au sein de l’ordo virginum, la plus ancienne attestée dans l’Église.

Bernadette Mélois

Pouvez-vous nous décrire les étapes de votre vocation personnelle ?

Très jeune, j’avais le désir de me consacrer à Dieu. Il n’y a pas vraiment eu d’épisode singulier, c’est un déroulement presque banal et naturel. Le scoutisme a été la première école de service, c’est là qu’a commencé à se dessiner l’appel de Dieu. Ensuite, j’ai pris un certain nombre d’engagements dans l’Église et j’ai rencontré la communauté de l’Emmanuel.

En même temps, j’ai été responsable d’aumônerie du collège Jules-Ferry (Paris 9e) pendant quatre ans. Cet engagement vraiment ecclésial et diocésain a confirmé mon appel et a précisé sa forme diocésaine. Je connaissais les Vierges consacrées, j’ai donc franchi le pas en rencontrant le délégué de l’archevêque. À partir de là, j’ai avancé progressivement dans la formation.

Pendant celle-ci, l’archevêque de Paris, Monseigneur Lustiger, m’a demandé de faire des études de théologie à l’École Cathédrale puis à l’Institut Supérieur de Liturgie de l’Institut Catholique de Paris. Ces études ont été une étape très forte de mon cheminement car le rituel est fortement marqué par la liturgie. J’ai vécu la consécration le 7 mai 1994 en l’église de la Trinité.

Un an après, le directeur de la revue Magnificat me proposait de devenir rédactrice en chef. Ce travail m’a permis de déployer ma consécration et le service de la liturgie pour aider les fidèles dans leur prière quotidienne, dans la prière du matin et soir et la messe, source et sommet de la vie chrétienne.

Comment définissez-vous cette vocation de Vierge consacrée ?

C’est une vocation sponsale – d’épouse – qui projette l’image de l’Église. L’instruction romaine qui organise l’ordo virginum porte le titre d’Ecclesiae sponsae imago – image de l’Église épouse. Il fait référence à la lettre de saint Paul aux Éphésiens, qui décrit la relation du Christ et de l’Église selon l’analogie du mariage : « le Christ a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle » (Ep 5, 25). Le Christ tisse une relation particulière avec la communauté des croyants dont les Vierges consacrées sont l’image, dans un diocèse, en lien avec l’évêque.

Le rite de la consécration se déroule au cœur de l’eucharistie. Comme épouses, nous recevons l’anneau nuptial et le voile (en référence au voile des épouses dans l’Église ancienne) ; comme vierges, nous recevons la lampe signe de l’espérance eschatologique ; comme mères, nous recevons le livre de la louange et de l’intercession. Ainsi devenons-nous figures de l’Église unie à son Seigneur dans la foi, l’espérance et la charité.

Le 8 décembre dernier, Monseigneur Aupetit a signé un « directoire pour l’ordo virginum à Paris ». Que contient-il  ?

Bernadette Mélois chantant à la cathédrale

Les Vierges consacrées n’ont pas de règle, ni de constitutions comme les religieuses. La référence principale, c’est le rite liturgique de la consécration qui remonte au IVe siècle. Il faut ajouter le code de droit canonique (canon 604), l’exhortation apostolique Vita consecrata sur toutes les formes de vie consacrée (25 mars 1996) et et l’instruction Ecclesiae sponsae imago (4 juillet 2018). Ce dernier document nous permet de revenir à la source en reprenant les aspects historiques, théologiques et bibliques et spirituels de cette vocation.

Après la publication de l’instruction romaine en juillet 2018, Monseigneur Aupetit m’a demandé de coordonner un groupe de travail de quelques vierges consacrées afin de recevoir ce document. Ce directoire constitue un cadre à la fois pour montrer la physionomie de l’ordo virginum à Paris et en même temps pour accompagner le discernement et la formation et soutenir son développement dans les années futures.

Le diocèse de Paris célèbre cette année le 16e centenaire de la naissance de sainte Geneviève. Elle était elle-même consacrée ; comment fait-elle écho à votre propre vocation ?

Trois aspects de la vie de sainte Geneviève me marquent. Les sources disent qu’elle a reçu la consécration avec un groupe d’autres jeunes filles, au cœur de la cité. C’est bien l’actualité de notre vocation aujourd’hui, le service de la prière dans notre ville, Paris.

Par ailleurs elle s’est dévouée au service du bien commun pendant les épisodes troubles de la vie de Lutèce. Elle a réconforté les habitants par ses actions fortes, comme fournir du blé. C’est une vie de charité effective.

Enfin je suis marquée par sa foi et la foi des femmes qu’elle entraîne dans la prière, à l’opposé de la lâcheté des combattants qui abandonnent la ville face à la menace ennemie. Ce jubilé diocésain correspond à la fin du jubilé de mes 25 ans de consécration. Il en est un prolongement heureux.

Comment vivez-vous le lien avec le diocèse et l’évêque ?

Je viens d’achever une mission qui était au cœur de la vie diocésaine. En effet, voilà plus de vingt ans le cardinal Lustiger m’avait nommée au service de la liturgie pour le diocèse de Paris, en parallèle à mon travail dans la revue Magnificat. Durant ces années j’étais donc particulièrement associée à la préparation et l’animation des chants pour les grands évènements diocésains. Le peuple de Dieu rassemblé en sa cathédrale autour de son évêque offre le visage de ma consécration.

Si je dois retenir quelques évènements durant cette période, il y a la fondation des « samedis musicaux » pour la formation diocésaine. J’évoquerai aussi le jubilé de l’an 2000 et la messe chrismale au Palais Omnisports de Bercy. Il fallait une certaine audace pour transformer ce lieu en cathédrale provisoire afin de rassembler un très grand nombre de fidèles à l’intérieur comme à l’extérieur. Enfin la visite du pape Benoît XVI en 2008 a été marquante.

Vous avez évoqué votre lien à la cathédrale. Comment avez-vous vécu l’incendie de Notre-Dame le 15 avril dernier ?

Bernadette Mélois

J’étais ici, dans ce bureau [au siège de la conférence des évêques de France NDLR] lorsqu’on m’a appelée. C’était une meurtrissure ! La cathédrale est le lieu privilégié du lien avec l’évêque. Pour les Vierges consacrées, elle est notre maison.

Le lendemain, je devais y répéter avec le chœur diocésain. Deux jours après, je faisais chanter l’assemblée au cours de la messe chrismale, déplacée à Saint-Sulpice. Comme tous les participants j’étais encore affectée par le poids de cet évènement. Mais, au cœur de la semaine Sainte, il était vécu dans la prière et la louange pour l’œuvre de Dieu.

Au service du diocèse, comment envisagez-vous le lien entre l’ordre des Vierges consacrées et les prêtres ?

Il y a, très mystérieusement, un lien avec les prêtres, sans doute parce que nous partageons avec eux le don de notre personne au Christ et à l’Église. Le rituel de consécration, par certains éléments, se rapproche de la liturgie de l’ordination. Enfin nous partageons le service de l’Église de Dieu dans la prière liturgique, en particulier la liturgie des heures.

Aujourd’hui vous êtes au service de la conférence des évêques de France. Quelle est votre mission ?

Le conseil permanent de la Conférence des Évêques m’a appelée pour prendre la direction du Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle en septembre 2018. Ce fut une grande surprise : en effet jusque-là ce poste a toujours été occupé par un prêtre. Cependant, rétrospectivement, je constate une grande cohérence avec mon parcours. Cela renforce mon amour de l’Église, en particulier dans le travail commun avec des prêtres et des laïcs au service des évêques et de l’Église. Notre équipe accompagne les responsables liturgiques dans les diocèses de France. Nous préparons aussi l’édition des livres liturgiques, plus particulièrement la nouvelle traduction française du missel romain. Ce long travail a commencé bien avant mon arrivée. Mais j’en recueille les fruits et la grâce d’approfondir l’eucharistie au centre de ma vie afin d’aider les autres à mieux en vivre.

L’eucharistie est au cœur de ma vocation comme au cœur de la vie de l’Église. Depuis le jour de ma consécration, je suis habitée par une joie qui ne m’a jamais quittée.

 

L’ordo virginum

C’est par cette expression latine qu’on garde l’habitude de désigner le groupe des Vierges consacrées d’un diocèse. Dès les premiers siècles de l’Église, des femmes consacraient leur vie entre les mains de l’évêque tout en restant dans le monde. Avec l’essor de la vie monastique et les fondations de communautés, cette vocation est passée plus inaperçue. Depuis le concile Vatican II, elle connaît un certain essor dans le monde. En France, elles sont plus de 500 aujourd’hui.

 

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