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Le Seigneur m’a aidé en m’attirant à lui

Père Louis-Marie

Entretien avec le Père Louis-Marie Couillaud, moine bénédictin et prêtre à l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes (diocèse du Mans)

Père Louis-Marie

Pouvez-vous vous présenter ?

Issu d’une famille nombreuse de six enfants, chrétienne et pratiquante, j’ai aujourd’hui trente-deux ans. Né à Paris, j’ai cependant grandi à Ville-d’Avray. Je garde un souvenir ému et reconnaissant de mes premières années scolaires sur les bancs de l’Institution Saint-Pie X, à Saint-Cloud. Mes années au collège Saint-Joseph, dans la même ville, m’ont beaucoup apporté sur le plan humain avec de belles amitiés et sur le plan éducatif, en particulier grâce aux professeurs d’histoire-géographie et de français qui m’ont donné le goût de la culture générale et de la littérature, ainsi que la passion pour l’histoire de France.

Quand avez-vous entendu l’appel de Dieu à la vie monastique ?

Durant l’année de cinquième au collège, j’ai reçu le sacrement de la confirmation suite à une retraite spirituelle à l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire. Et c’est peu après, vers l’âge de quinze ans, que le Seigneur a frappé à la porte de mon cœur au cours d’une expérience toute simple mais décisive. En lisant un vieux livre sur la Grande Chartreuse, j’ai été fasciné par une photo en noir et blanc montrant un moine à genoux dans sa cellule, immergé dans sa prière et enveloppé d’une paix indescriptible. J’ai été séduit et j’ai alors entendu cette question au fond de moi : « Et pourquoi pas toi ? ».

Quelques temps après, je m’en suis ouvert à mes parents, engagés tous les deux dans le groupe de prière Virgo Fidelis qui prie pour les vocations sacerdotales et religieuses et la sanctification des prêtres. Je ne les remercierai jamais assez de m’avoir immédiatement compris et soutenu, en me disant simplement : « On sera heureux si tu es heureux ».

Parallèlement, j’ai énormément reçu à tous points de vue en étant scout d’Europe à Versailles. Et c’est grâce à l’aumônier du groupe, qui a bien voulu m’accompagner spirituellement, que j’ai découvert Solesmes. Je suis entré au noviciat à l’âge de vingt ans, après deux années d’études de philosophie à l’IPC de Paris (Institut de Philosophie Comparée).

Quels sont les motifs qui vous ont déterminé à entrer dans ce monastère ?

Cela pourra paraître étrange, mais je n’ai pas d’abord été attiré par la célébrité du lieu, ni par le chant grégorien et la beauté de la liturgie ; mais je savais intérieurement que c’était là et pas ailleurs que le Seigneur m’attendait. J’ajoute que la présence de jeunes frères, heureux et épanouis, m’a conforté dans cette voie : oui, il est possible aujourd’hui pour un jeune de répondre à l’invitation du Seigneur. Plus tard, après ma profession, j’ai vu des anciens moines fêter leurs 75 ans de profession monastique. Un record de fidélité, impossible sans la grâce de Dieu : quel témoignage ! C’est à ce moment-là que j’ai compris cette parole du Christ : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5).

Certes, j’ai beaucoup reçu en famille durant ma jeunesse, mais cela ne supprime pas la radicalité de l’engagement qui est personnel. Il y a eu un moment où il a bien fallu que je me dise : « Allez, j’y vais ». Le Seigneur m’a aidé en m’attirant à lui. La vocation monastique est en réalité une histoire d’amour : cela peut faire sourire, mais c’est vrai. Et c’est encore plus vrai lorsque le moine est appelé à être prêtre. Puisque les moines-prêtres n’ont pas d’apostolat direct, ils sont centrés sur l’essentiel, l’Eucharistie, le sacrement de l’amour. Depuis mon ordination, en décembre dernier, j’ai chaque jour la grâce de le vivre en communion avec toute l’Église, et je peux à mon tour témoigner en reprenant cette belle phrase du pape Benoît XVI : « Le Christ n’enlève rien, il donne tout ».

Qu’apporte, selon vous, la Règle de saint Benoît au monde actuel ?

Il y aurait beaucoup à dire. Saint Benoît a écrit sa Règle au moment de la chute de l’empire romain et des invasions des barbares qui ne connaissaient pas Dieu. De ce fait, il me semble que l’on peut retenir deux éléments très actuels et valables pour tous. La Règle, qui est un condensé de l’Évangile, nous invite d’abord à prendre au sérieux notre baptême et notre foi. Ensuite – et c’est l’œuvre de toute une vie –, saint Benoît nous appelle à entrer dans le mystère d’amour et d’adoration de la Sainte Trinité qui désire faire en chacun de nous sa demeure dès maintenant et pour l’éternité.

 

De Dom Germain Cozien, quatrième abbé de Solesmes

La vie monastique tend à reproduire en elle le Mystère de l’Église. Le monastère, en effet, tel que la Règle le demande, est le lieu du monde où la création atteint pleinement son but, où Dieu est parfaitement glorifié par sa créature, sans le moindre partage. De plus, par son efficacité profonde sur le plan surnaturel, le foyer intense de vie spirituelle qu’est le monastère est un puissant levier de l’action pastorale de l’Église. En effet, plus le moine s’identifie au Christ, son idéal, plus il devient médiateur entre Dieu et les hommes, et plus sa prière, qui ne fait qu’un désormais avec celle du Christ, est agréée du Père qui se complaît en lui comme en son Fils bien-aimé.

Peu importe que le monde, qui ne juge pas selon Dieu, minimise notre rôle et ne voie dans la vie contemplative des frères et des prêtres du monastère qu’une pieuse rêverie sans efficacité. Ce n’est pas ce jugement qui peut diminuer la réalité de notre action véritable. En nous proposant l’union avec lui, Dieu met à notre disposition la toute-puissance divine elle-même. À nous de tendre à cette union avec tout le sérieux, toute la fidélité, toute la perfection intérieure qu’exige un si haut service.

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