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Père Adrien Comerre : J'ai choisi l'émerveillement


Vicaire à la cathédrale Saint-Louis de Versailles, le père Adrien Comerre jeune trentenaire, ordonné en juin 2019, témoigne de son ministère pour le magazine « Vocations »

Quel est votre parcours ? 

Je viens d’une famille de militaires. Nous avons beaucoup déménagé, comme il se doit dans cet environnement où l’adaptabilité est le maître mot ; entre Paris et Tahiti, où j’ai vécu avec mon frère, il faut savoir troquer le pantalon contre un short et oser porter la tong au quotidien. En arrivant à Versailles, j’ai fini ma scolarité au lycée Saint-Jean-Hulst (Bac ES) pour ensuite suivre des études de droit à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

Quand et comment avez-vous su que vous souhaitiez devenir prêtre ? 

La prière et la messe du dimanche, temps naturels de respiration familiale, mais aussi le chemin de foi de mes parents – ma mère était catéchiste – ont préparé mon entrée au séminaire de Versailles. Mais bien avant, je m’étais approprié les valeurs chrétiennes : je me souviens du moment précis où la décision d’aller à la messe fut un acte personnel et non plus une simple obligation familiale à remplir. J’avais 10 ans. L’appel du Seigneur à le suivre alors que j’étais encore très jeune est pour moi illustré à travers une phrase que j’ai trouvée bien plus tard dans le livre de Jérémie : « Dès avant le sein de ta mère je t’ai appelé ». J’avais à l’époque un certain goût pour la prière et pour la messe. Je me souviens m’être dit : “Prêtre, pourquoi pas ?” j’ai déposé cette question dans mon cœur, sans la cacher. 

Comment passe-t-on de la question de la vocation à sa réalisation concrète ?  

Il m’a fallu bien d’autres appels ! Lors de ma retraite de confirmation par exemple, je me souviens d’un atelier intitulé : « Les signes de Dieu dans ma vie ». J’avais choisi d’apporter la croix de ma première communion, que je voyais comme le souvenir de ma première rencontre avec Jésus. J’ai ensuite décidé de participer à une retraite à l’abbaye de Landévennec en Bretagne qui m’a beaucoup marqué. Le jeudi saint – j’étais alors en terminale – lors de la messe célébrée pour tout le lycée, on m’a demandé si j’acceptais de me faire laver les pieds au cours de la célébration. Une phrase a alors résonné dans ma tête : « Fais-toi serviteur ».

Je crois pouvoir dire aujourd’hui, avec un peu de recul, que trois choses m’ont façonné de façon ultime avant de dire oui au Seigneur : la lecture intégrale de la Bible – un cadeau de Noël que j’ai mis à profit –, le service de l’autel commencé pendant mes années d’université dans la paroisse de Saint-Quentin et la visite régulière à une personne âgée. Je suis finalement entré en 2011 à la Maison Saint-Jean-Baptiste, la maison de discernement du diocèse de Versailles.

Comment a réagi votre entourage ? 

Ma famille a réagi avec beaucoup de joie, pas surprise du choix mais plutôt du moment. Mes amis ont reçu cette décision avec bienveillance ; cela ne les surprenait pas complètement non plus mais… « ça gratte », comme on dit ! Je me souviens de la réaction d’une jeune étudiante me disant : « Tu es chrétien, qu’est-ce que ça change pour toi ? » Voilà le genre de question où l’on doit, en quelques secondes, rendre un témoignage qui ne peut pas être simplement théorique. Il ne faut pas se louper ! J’ai répondu : « J’ai l’impression de voir un horizon plus loin tout en ayant la même vie que toi ». J’espère que cela a touché son cœur et son intelligence.

Que vous a appris le séminaire ?  

À aimer les gens ! L’exigence de la vie fraternelle stimule énormément. « Amour et vérité se rencontrent », dit le psaume. J’ai aussi appris l’intériorité. En ce sens, la figure de Jean-Baptiste comme « l’ami de l’époux » (Jn 3, 29) m’a beaucoup plu. Cette expression me parle encore beaucoup aujourd’hui : le prêtre veut être l’ami de Celui qui souhaite faire alliance avec l’humanité. Comment puis-je le connaître de mieux en mieux ? Comment être celui qui conduit l’épouse à l’époux et qui s’efface ? Le sacerdoce est à la fois un engagement et un effacement.

Comment voyez-vous la formation que vous avez reçue ?  

Longue et d’une certaine façon, assez aride ! Mais aussi très équilibrée. C’est un patient travail de conversion sans cesse renouvelé et qui ne sera jamais fini. J’en apprends encore aujourd’hui en paroisse avec des gens qui n’ont pas fait le séminaire et les études associées mais qui rayonnent cependant d’une belle et stimulante sagesse. Au cours de ces nombreuses années, des expériences uniques ont contribué à me faire comprendre l’action de Dieu dans les cœurs. Par exemple, pendant le festival d’Avignon, la prière et la demande de pardon d’une femme qui ne savait pas écrire m’ont bouleversé par son caractère incarné. Des apostolats divers m’ont aussi appris à me donner : au Prytanée national militaire de La Flèche comme assistant de l’aumônier et surveillant d’internat, au cours du pèlerinage diocésain à Lourdes comme soignant en chambre et aussi pendant un stage de visiteur à la maison de soins palliatifs Jeanne Garnier à Paris.

J’ai finalement été ordonné prêtre en 2019 à la cathédrale Saint-Louis de Versailles, et j’y ai été immédiatement nommé vicaire. Cela colore mes premières années de sacerdoce, cette cathédrale étant le lieu d’une grâce personnelle. Un prêtre retient toujours le lieu où il s’est allongé de tout son long afin de se donner au Seigneur pour toujours ! J’avais l’évangile en face de moi !

Comment vivez-vous votre mission de prêtre en paroisse ? 

J’ai fait le choix de l’émerveillement. A la rencontre des nombreux jeunes d’abord, notamment auprès de ceux du collège du Sacré-Cœur et du lycée de Grandchamp, qui me témoignent leur soif de connaître et de comprendre toujours plus l’amour de Dieu. Cela donne lieu à de beaux échanges, y compris avec leurs accompagnateurs. Cet émerveillement n’est pas une naïveté. Des choses me peinent comme la peur, l’irrationnel, le manque de discussion, le jugement, le manque de liberté… Les conflits de personnes me pèsent ; je pense qu’entre chrétiens on a tout intérêt à se dire les choses, mais avec vérité et charité ! J’ai aussi la merveilleuse chance d’être un prêtre qui confesse beaucoup, d’être le signe d’un Dieu qui pardonne et me convoque à ma propre conversion.

A-t-on peur quand on est jeune prêtre ?  

Bien sûr. La peur de ne pas rester fidèle quoi qu’il arrive ! C’est une grâce à demander chaque jour. Mais à un jeune qui s’interrogerait sur la vocation, j’aimerais dire combien le sacerdoce peut combler un cœur : cela vaut la peine. Pour cela, il lui faut dès maintenant s’enraciner dans la prière et s’engager dans la charité. 

Quel est votre sentiment sur la « crise des vocations » ? 

C’est une crise de l’engagement sous toutes ses formes. Beaucoup de jeunes ont une vraie difficulté à discerner et à répondre. Ils manquent aussi d’exemples pour suivre le Christ dans leur vie et dans leur engagement. C’est aussi un appel pour nous prêtres à rayonner dans notre ministère et à témoigner de notre joie ! Le Seigneur continue encore et toujours à appeler généreusement.

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