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Vivre Pâques en étant confinés

La Cène de Léonard de Vinci

8 mai 2020

Ils ont vécu Pâques autrement

la Cène de Léonard de Vinci

Ils s’appellent Xavier, Guillaume, Etienne, Vincent, Benoît, Jean-Malo, Paul, Médéric ou Amaury. Séminaristes des diocèses de Nanterre, Versailles, Pontoise ou Créteil, ils ont vécu cette année, la semaine Sainte en famille ou au séminaire d’une manière totalement inédite. Comment s’est incarné le Triduum sans lavement des pieds, sans chemin de croix, sans eau, sans feu pour la veillée pascale ? Comment le Seigneur les a-t-il guidés et de quelle manière ont-ils réinventé le lien avec les autres ?


L’absence de fidèles

Certains jeunes ont ressenti une véritable souffrance de devoir quitter le séminaire en début de confinement et une vraie tristesse de suivre des célébrations pascales dans des églises vides. « L’absence des fidèles a été douloureuse », témoigne Médéric. « Vivre sans la présence visible et physique des fidèles n’est pas facile et je rajouterai que c’est même triste », renchérit Xavier. Pourtant, de cette absence, quelques-uns en ont fait une force. C’est le cas de Paul : « Le curé de la paroisse de notre maison de campagne familiale m’a proposé de vivre les offices de la semaine sainte qu’il célébrait. J’ai donc eu la chance d’accéder de manière privilégiée à la liturgie si belle du Triduum. Y allant seul, j’ai aussi compris la force de la communion des saints pour porter tous ceux qui étaient absents ». Pour Jean-Malo, la petite communauté qu’il formait avec le curé, les trois religieuses vivant à la paroisse et un autre séminariste a su remplir l’édifice par la simplicité de la liturgie et des chants, rejoignant dans la prière « tous ceux qui auraient dû être présents avec nous ! », confie-t-il.

En communauté ou en famille avec Jésus

Qu’ils soient confinés en maison de séminaire ou en famille, des cœur-à-cœur avec le Christ ont jalonné la semaine pascale. « Notre maison s’est par exemple transformée le vendredi saint en via dolorosa pour vivre, en famille, un chemin de croix », souligne Etienne. Dans la famille de Wilfrid, la liturgie de la Parole, le chemin de croix, mais aussi les détails du quotidien comme les repas, les fleurs, sans oublier l’attention aux voisins ont été particulièrement soignés. Pour d’autres comme Xavier, l’adoration de la croix n’a duré que quelques minutes contrairement à d’habitude : « C’était très beau. J’ai eu l’impression d’être en communion avec Jésus et aussi avec toutes les personnes malades, les personnes seules, isolées, abandonnées… Oui, la croix de Jésus nous sauve du mal, mais être à ses pieds est difficile. Et je pense que nos contemporains sentent le poids de cette croix aujourd'hui. »

Retraite forcée ?

prière en famille

Ce temps de retraite imprévue permet aux séminaristes de renouer avec des choses essentielles en cultivant un rythme de vie plus calme, voire différent, « avec quelques précieux cours de cuisine et le piano familial qui supporte quotidiennement mes tentatives schumanniennes », s’amuse Etienne. « J’ai eu la chance de vivre la liturgie des heures en famille ; nous avons donc prié la prière de l’Eglise en communion avec tous ceux qui vivaient cela en même temps et qui étaient, pour beaucoup, confinés comme nous », ajoute Paul. D’autres, restés au séminaire, ont vécu la Semaine sainte dans un climat de silence, sur un mode peut-être plus contemplatif et dépouillé, en prenant le temps de plonger dans la Parole de Dieu. C’est le cas d’Amaury qui témoigne : « Mon expérience, malgré la grâce que j'ai eue de pouvoir vivre cette célébration liturgique, rejoint celle des chrétiens qui ont à vivre ce temps de confinement comme une grande retraite forcée. J'espère qu’ils peuvent en tirer les fruits spirituels avant que l'on puisse vivre à nouveau la communion d'une manière renouvelée dans la joie de la résurrection. »

A l’hôpital : du chemin de croix à la résurrection

séminariste médecin à l'hôpital

Le temps pascal a conduit des séminaristes à réaliser de beaux apostolats comme Guillaume, qui raconte : « J’ai été invité à retrouver mon ancien métier de médecin dans un petit hôpital des Yvelines. J’ai donc vécu la Semaine sainte et l’octave de Pâques auprès de personnes âgées et fragiles, contaminées par le coronavirus. Le chemin de croix du Christ s’est actualisé sous mes yeux dans le dur combat des patients contre la maladie. La bonne nouvelle de la résurrection également, par la guérison de tous et par les nombreuses joies de la convalescence : l’apaisement respiratoire, le retour de l'appétit, de la marche et même de l'humour ! »

Vincent et Benoît ont reçu une mission pour l’octave de Pâques : celle de prêter main-forte aux volontaires du Rocher des Mureaux, en contactant par téléphone les paroissiens les plus isolés pour leur souhaiter simplement une belle fête de Pâques et prendre de leurs nouvelles. « Ce qui m’a marqué, c’est l’hospitalité téléphonique de ceux que nous appelions : sans se connaître, on s’est raconté nos vies ! J’ai perçu que leur foi était une force sur laquelle ils s’appuyaient vraiment durant ce confinement », se réjouit Vincent.

Les séminaristes d’Ile-de-France sont unanimes : ils ont vécu Pâques dans un plus grand silence que d’habitude mais avec un esprit d'intercession pour le Peuple de Dieu auquel était confisquée cette joie.

 

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