Paul VI et Mgr Romero

Le 14 octobre 2018, à l’occasion de la tenue du Synode des jeunes à Rome, le pape François a canonisé deux personnalités marquantes de la fin du siècle dernier : le pape Paul VI et Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador. Toujours sensible à accorder temps et circonstances, François n’a pas choisi cette date sans raisons. Quels sont ses motifs avérés ? Quelles figures d’exception nous donne-t-il à honorer ?

Paul VI

Paul VI

Son pontificat est enchâssé entre celui de Jean XXIII, père du concile Vatican II et celui Jean-Paul II au long et mémorable pontificat. Ils furent canonisés ensemble en avril 2014.

Le pape Paul VI, prédécesseur de l’éphémère Jean-Paul 1er, aurait pu passer entre les lignes de l’histoire vaticane. Tel n’est pas le cas, tant s’en faut.

Élu pape le 21 juin 1963 alors que la première session du Concile s’éternisait et se perdait un peu en voix dissonantes, Paul VI a d’emblée fait preuve d’habileté politique pour remettre les évêques conciliaires sur le droit chemin, témoignant ainsi d’un esprit tout particulier d’ouverture et de dialogue en même temps que d’une forte volonté d’aboutir.

C’est lui qui instaura cette quête nouvelle de collégialité au sein de l’Église, en parallèle d’un début de réforme de la Curie romaine. A l’occasion de six consistoires ordinaires, il ne créa pas moins de 143 cardinaux, parmi lesquels on comptera ses trois successeurs directs.

Le concile Vatican II clôtura ses travaux le 8 décembre 1965 et il fallut des années pour mieux saisir toute la portée de ce véritable aggiornamento pour l’Église universelle.

Forçat de travail, Paul VI ne signa pas moins de sept encycliques, dont Humanae Vitae qui reste d’une brûlante actualité, et de très nombreuses lettres apostoliques.

Surtout, il sortit de Rome, effectuant dans les cinq continents des voyages nombreux et marquants. C’était les premiers déplacements d’un pape depuis Pie VII !

Il est à l’origine de nombreux signes, repris par la suite, comme celui de baiser le sol en arrivant en terre étrangère. Totalement épuisé, il acheva son pontificat le 6 juin 1978.

Paul VI participe bien de cette lignée de « nouveaux prophètes », annonciateurs de grands bouleversements et fixant le cap à une Église ouverte sur le monde.


Mgr Romero

Mgr Romero

La personnalité de Mgr Romero, illustre figure de l’Eglise latino-américaine, est certes d’un tout autre profil. Configuré à la pensée ignacienne, ce qui le rapproche naturellement du Pape François, Oscar Romero s’est très tôt rangé aux côtés du peuple et s’est posé en défenseur des plus opprimés, une lutte encore bien actuelle.

Profondément marqué par l’assassinat d’un de ses proches amis prêtres, il se fit « la voix des sans-voix » comme aime à le reconnaître tout le continent sud-américain, luttant avec un acharnement sans pareil et une totale détermination contre les exactions perpétrées par la junte militaire du Salvador.

Contesté parfois même par les siens, jugé comme un dangereux agitateur politique, il tomba le 24 mars 1980, assassiné pendant sa messe dans la chapelle de l’hôpital de la Divine Providence par un commando à la solde de la dictature de son pays.

Désigné souvent comme le « prophète de l’Espérance », il n’a cessé d’annoncer et de vivre pleinement l’Évangile, avant de mourir en martyr.

Ces deux grandes figures, que le pape François fait renaître à notre mémoire par leur prochaine canonisation, témoignent de cette présence vitale, essentielle, de l’Eglise catholique alors qu’elle n’a jamais été autant contestée ni marginalisée.

Oui, des prophètes se sont levés dans des terreaux certes bien différents l’un de l’autre pour dire, rappeler, et guider sur ce chemin de sainteté auquel chacun est appelé à s’inscrire.

La toute récente exhortation apostolique du Pape « Gaudate Exultate, Soyez dans la Joie et l’Allégresse » que nous sommes invités à découvrir, vient à point nommé dans ces temps incertains pour faire revivre notre foi et nous donner un élan. Ces deux futurs saints et cette exhortation du pape sont ainsi de formidables marqueurs qui peuvent nous encourager et nous accompagner, participant de cette transmission que chacun de nous est appelé à assurer, portant l’amour, la justice, la paix partout autour de nous et dans le monde comme nouveaux ferments d’évangélisation.

Paul VI et Mgr Romero


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