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Saint Louis de Gonzague : Des cours princières à la Compagnie de Jésus

saint Louis de Gonzague

L’un des traits les plus frappants de la vie de saint Louis de Gonzague est le décalage entre son milieu d’origine et la vie religieuse qu’il embrasse à l’âge de dix-sept ans. Fils aîné du marquis de Castiglione, il fait partie de l’une des plus grandes familles de la noblesse italienne. Page auprès du fils de Philippe II d’Espagne, il visite les grandes cours d’Europe et reçoit l’éducation qui sied à un prince de la Renaissance italienne.

Cependant, loin d’être séduit par les fastes, le jeune prince se détourne des intrigues et de la corruption omniprésente dans son entourage. Il se singularise alors par une grande piété et par une austérité qui marquent profondément ses proches. Ce sont des lectures puis des rencontres qui lui font connaître la Compagnie de Jésus. Séduit par le détachement des honneurs ecclésiastiques et par le zèle missionnaire de ses membres, il renonce à tous ses titres et biens pour les rejoindre. Cela ne se fera pas sans combats, notamment avec son père. Mais celui-ci finira par s’incliner devant la volonté inflexible de son aîné.

Des rencontres décisives

La Providence semble parfois favoriser certains itinéraires. Ainsi, à l’âge de onze ans, Louis fait la connaissance de saint Charles Borromée (1538-1584), archevêque de Milan et grand réformateur de l’Église. Issu comme lui d’une grande famille du nord de l’Italie, il fait faire au prince sa première communion. Mais c’est la rencontre avec saint Robert Bellarmin (1542-1621) qui est certainement la plus décisive dans la courte vie du novice jésuite. Cette figure intellectuelle et spirituelle de la Réforme catholique devient le directeur spirituel de saint Louis. Nous pouvons penser que l’influence de ce futur Docteur de l’Église n’a pas été sans porter du fruit auprès de cette âme assoiffée d’absolu. Leurs tombeaux sont d’ailleurs à proximité l’un de l’autre à l’église Saint-Ignace à Rome.

Une présence à Dieu en toutes choses

À quelqu’un lui demandant ce qu’il ferait s’il venait à mourir dans l’heure, saint Louis aurait répondu :
« Eh bien, je continuerais à jouer à la balle ».

saint Louis de Gonzague

Cette anecdote, sans doute hagiographique, illustre ce que les contemporains du prince ont pu retenir de sa profonde union à Dieu. Bien loin d’apparaître comme un être éthéré au milieu d’un monde empli de passions, le futur saint a dompté un caractère fort pour faire de sa vie un lieu où le Seigneur pouvait prendre toute la place qui lui revenait. Ainsi, Louis de Gonzague considérait déjà le Royaume de Dieu comme le prolongement naturel de ses activités. Cette intuition spirituelle a trouvé son couronnement dans la manière dont le jeune jésuite est mort.

À cette époque, Rome est frappée par la famine et la peste. Les jésuites en formation viennent alors en aide aux malades. Parmi eux, saint Louis prend un pestiféré sur ses épaules pour le conduire à l’hôpital. Surmontant son dégoût, il le prend comme s’il s’agissait du Christ. Contaminé, cela lui donnera d’achever sa course vers le ciel.

Un trio de jeunes saints jésuites

La figure de saint Louis de Gonzague est indissociable de celles de saint Jean Berchmans (1599-1621) et de saint Stanislas Kostka (1550-1568). En un demi-siècle, ces trois figures de sainteté se sont succédé au noviciat jésuite de Rome. Ils ont édifié leurs compagnons par leur intelligence, leur vie spirituelle et leur esprit de camaraderie. Leur trio manifeste la fécondité de la Compagnie de Jésus dès ses premières décennies d’existence. Alors que certains jésuites embarquaient pour porter l’évangile à l’autre bout du monde, ces jeunes novices ont montré que la sainteté pouvait également s’obtenir dans la simplicité d’une maison de formation.

 

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