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Docteur de l’Église et prédicateur : saint Antoine de Padoue

saint Antoine de Padoue

À toutes les époques, les papes ont souligné la science et le témoignage de sainteté de saint Antoine de Padoue. De son vivant, Grégoire IX l’a appelé « Arche du Testament » à cause de sa connaissance des saintes Écritures. Au XXe siècle, Pie XI l’a défini « grand thaumaturge » (1931) en raison des prodiges accomplis par son intercession. Pie XII l’a proclamé « docteur évangélique de l’Église » (1946), et Jean Paul II a souligné l’actualité de son témoignage et de sa prédication (1995).

Dans une société de la première moitié du XIIIe siècle gangrenée par le catharisme et le pessimisme paralysant qu’il génère, saint Antoine est venu apporter un rayon de lumière à tous ceux qui en subissaient les méfaits. Connu et invoqué aujourd’hui pour retrouver les choses perdues, saint Antoine est avant tout un immense prédicateur.

L’humble Fernand de Lisbonne est devenu le grand saint Antoine de Padoue

Statue de Saint Antoine de Padoue

Né à Lisbonne au Portugal sous le nom de Fernando dans une famille noble, il est le fils de Martin de Bouillon, chevalier au service du roi. Enfant pieux et écolier modèle, élevé pour devenir chevalier, il fait un autre choix et rentre au monastère chez les chanoines réguliers de saint Augustin à Lisbonne puis à Coimbra où il reçoit une éducation religieuse et une formation théologique et scientifique de haut niveau.

Profondément marqué par le martyre de cinq Frères mineurs décapités à Marrakech, Fernando est bercé du même idéal d’évangéliser les Sarrasins et revêt l’habit pauvre des Franciscains. Il prend le nom d’Antoine en souvenir de l’ermitage des moines martyrs, Saint-Antoine de Olivares. Mais, à peine arrivé à Marrakech, une fièvre grave et tenace l’empêche d’aller plus loin et les vents poussent son embarcation vers la Sicile et… vers Assise. C’est là qu’il voit prêcher saint François qui lui demande d’enseigner la théologie sacrée aux frères.

Antoine, prédicateur populaire et maître de théologie en Italie et en France

Son amour de Dieu était contagieux. Antoine allait de villes en villages, châteaux et campagnes, semant partout la Parole de vie, réfutant les hérésies. Il s’adaptait aussi bien aux humbles qu’aux savants, savait toucher tous les cœurs et les remettre sur le chemin de la vérité et de l’Eglise. Sa prédication entraînait les foules et obtenait des conversions spectaculaires. Il pacifiait ceux qui étaient en désaccord, obtenait la libération des prisonniers ; voleurs et brigands changeaient de conduite et il amenait à confession une multitude innombrable d’hommes et de femmes. À Bologne, il fonda la première école de théologie des Frères de saint Antoine. Il traversa le Languedoc, fonda une école de Frères à Toulouse, des couvents au Puy et à Limoges. Il prit part en 1225 au synode de Bourges au cours duquel il eut des paroles sévères à l’encontre de l’évêque, Simon de Sully. Près de Brive, il choisit pour ses heures de silence et de prière le lieu des Grottes qui conserve encore aujourd’hui le souvenir de son passage et compte parmi les hauts lieux de pèlerinages à saint Antoine en France.

Des fruits en abondance

reliquaire de Saint Antoine de Padoue

Continuellement malade, il maintint avec un zèle infatigable ses longues prédications pour le salut des âmes. Les célèbres Fioretti du saint retracent les récits des miracles que Dieu opérait pour approuver sa vertu et confirmer sa parole.

L’art oratoire d’Antoine consistait à donner des explications simples sur la foi avec des citations multiples de l’Ancien et du Nouveau Testament. Dans ses sermons bien structurés, Antoine se référait au Fils de Dieu en se tournant vers un crucifix : « Le Christ, qui est ta vie, est suspendu devant toi pour que tu regardes dans la croix comme dans un miroir. Là, tu pourras voir combien tes blessures furent mortelles ; tu pourras te rendre compte à quel point sont grandes ta dignité humaine et ta valeur... Nulle part l’homme ne peut se rendre compte de ce qu’il vaut, qu’en regardant dans le miroir de la croix. »

Ses auditeurs pouvaient ressentir la gravité de l’immensité de l’amour du Christ, et Antoine les invitait à imiter sa confiance en la Vierge Marie, leur mère du ciel, pour recevoir son Fils de ses bras. Son attachement à la pureté de l’enfance a donné lieu aux nombreuses représentations que les artistes ont fait de lui, avec son lys immaculé dans la main.

En quelques dates

1195 : (selon la tradition et 1191 selon l’analyse de ses restes mortels) Naissance à Lisbonne (Portugal) et baptême sous le nom de Fernand
1210 : Entrée chez les Chanoines réguliers de Saint-Augustin
1219 : Ordonné prêtre
1220 : Revêt l’habit des frères franciscains et prend le nom d’Antoine
1222 : Début de sa prédication auprès des frères franciscains
1224-1226 : Parcourt le midi de la France face à l’hérésie cathare
1227-1231 : Retour d’Antoine en Italie, et rédaction des « 76 Sermons des Dimanches et des Fêtes »
13 juin 1231 : Mort d’épuisement à Padoue et enseveli le 17 juin
30 mai 1232 : Canonisation par Grégoire IX

 

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