logo facebook

×

Avertissement

Joomla\CMS\Cache\Storage\FileStorage::_deleteFolder JFolder::delete : impossible de supprimer le répertoire. Chemin : /home/bexxxpu/sites/jml_prod/web/cache/page

Jeanne d'arc, il était une bergère…

Comment une jeune bergère de 17 ans réussit-elle à conduire jusqu’au sacre à Reims en juillet 1429 Charles VII, écarté de la couronne depuis sept ans au profit des héritiers d’Henri V d’Angleterre ? Comment, dans un pays conquis par les Anglais de la Normandie jusqu’à la Loire, obtint-elle, après avoir rassemblé une petite armée, la levée par les Anglais du siège d’Orléans le 8 mai 1429 ? Ou encore la victoire de Patay le 18 juin de la même année, revanche historique après le désastre de la bataille d’Azincourt ? 

Jeanne d’Arc force l’admiration mais nous place aussi face à un mystère, celui d’un destin exceptionnel. Face à la tentation de céder la France aux Anglais – ce que l’historienne Régine Pernoud dénonce comme « l’idéologie de la double couronne » défendue par le milieu universitaire – il fallait le courage et la détermination de Jeanne pour tenter de renverser le cours de l’histoire. Autant que le concours de la grâce de Dieu, reconnaît la sainte : « Sans Dieu je ne saurais rien faire ».

Des voix qui l’envoient 

Jeanne file et coud volontiers, se rend régulièrement à la messe, fait l’aumône et se confesse souvent, invitant ses hommes d’armes à faire de même. Est-ce cette grande docilité qui lui permit d’entendre des voix divines, à commencer celle de saint Michel qu’elle entendit à l’âge de treize ans, l’enjoignant de venir au secours de la France ? Elle décide alors de consacrer sa virginité à Dieu.  C’est envoyée par Dieu pour secourir le roi ainsi que le royaume de France qu’elle se présente à Charles VII à Chinon. Selon elle, celui qu’elle appelle le « Roi des cieux » la mandate pour faire de celui-ci son lieutenant sur terre. Néanmoins « rien ne lui est donné en chemin qu’elle n’ait à conquérir de haute lutte », souligne l’essayiste Pauline de Préval. Jeanne n’attend pas de Dieu qu’il obtienne la victoire à sa place, mais elle sait bien que la victoire sera le fruit de l’action divine jointe à l’action humaine : « En nom de Dieu, les gens d’armes batailleront, et Dieu donnera la victoire » déclara Jeanne. Elle sait qu’elle n’aura la paix qu’au bout de sa lance. Elle ne se contente pas de prier pour le salut du royaume : le moment venu, elle agit pour le sauver. D’autre part, une fois la victoire acquise, elle prône le pardon plutôt que la vengeance, le seul objectif étant l’unité dans la paix et la liberté retrouvées.

Mais alors pourquoi finit-elle en disgrâce, arrêtée puis brûlée, traitée comme une hérétique ? Dieu l’aurait-t-il abandonnée ? Jeanne sait par les voix des saintes Catherine et Marguerite qu’elle sera prise. Elle est livrée aux Anglais contre rançon le 6 décembre 1430. Assurée de son salut par la voix de sainte Catherine, elle devine néanmoins qu’il s’agit de son âme et non d’une éventuelle libération de sa prison : « Prends tout en gré, ne te chaille de ton martyre, tu t’en viendras enfin au royaume de Paradis », lui dit celle-ci. C’est au prix de sa vie, par un don total que cette jeune fille sauve la France et reçoit son salut de Dieu.

Un procès inique 

Jeanne d’Arc sera jugée par un tribunal d’inquisition sans aucun chef d’accusation, ses adversaires trouvant finalement à l’accuser d’un « prétendu refus de soumission à l’Eglise militante dont on affecte de voir le symbole dans le fait qu’elle porte l’habit d’homme », rapporte Régine Pernoud. Une enquête permise par l’ouverture en révision du procès par le pape Calixte III conduisit à établir la nullité de ce procès qui l’avait condamnée comme hérétique vingt-cinq ans plus tôt.  Après quatre siècles d’oubli, Mgr Dupanloup, évêque d’Orléans, propose au Vatican en 1869 de la canoniser. Pie X la béatifie le 18 avril 1909 et elle est canonisée solennellement à Rome le 16 mai 1920.  Si Jeanne d’Arc est si importante pour notre histoire et dans notre foi au-delà de l’image d’Epinal de la bergère, c’est qu’elle témoigne pour nous qu’en toutes circonstances nous sommes appelés à réaliser la volonté divine et, comme elle, à combattre jusqu’au sacrifice.  Selon Pauline de Préval, « sa mission est de faire advenir le royaume : le royaume céleste dans le royaume terrestre, l’un dans l’autre et l’un par l’autre, comme la femme enveloppée de soleil, couronnée d’étoiles et poursuivie par le dragon de l’apocalypse de Jean ». Sacrée mission pour « Jehanne la bonne lorraine qu’Englois brulèrent à Rouen ». Sacrée bergère ! 

 

Pour en savoir plus

Jeanne d’Arc, Régine Pernoud, éditions Artège, 2018

Jeanne d’Arc sur la terre comme au ciel, Pauline de Préval, Presses de la Renaissance, 2017

 

Voir toutes les vies de saints

 

Ordinations 2020